Page d'accueil : lettres à un jeune...



Les ouvriers de la onzième heure Il y a des petites phrases qui nous libèrent, d'autres qui nous mettent au travail.

En voici quelques-unes qui m'ont été utiles.

Peut-être vous serviront-elles.



  • Jean Guéhenno, La vraie trahison...
  • Henri Michaux, Ce qu'on te reproche...
  • Nancy HUSTON, Quand on doit écrire, on écrit...
  • Lieve JORIS, Quelqu'un me confie qu'il est en train d'écrire un livre...
  • Annie ERNAUX/Jean GENET, Je hasarde une explication/J'écris peut-être parce qu'on...
  • Jules SUPERVIELLE, Attente de la mort
  • Psaume 103
  • Jacques BERQUE
  • Georges MOUSTAKI, Le temps de vivre
  • Yannick MOAL, On n'est jamais à l'abri...

  • Jean Guéhenno

    La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier


    Henri Michaux

    Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi.


    Nancy HUSTON
    Quand on doit écrire, on écrit...

    Les véritables artistes sont des gens qu'on ne peut pas arrêter. Moi ça me fait toujours rire les gens qui disent : "J'aimerais écrire, mais je n'ai pas le temps." Les écrivains écrivent, un point c'est tout. Comme Raymond Carver dans sa voiture pendant que les enfants font un brouhaha dans la maison. Ou Elizabeth Barret-Browning qui écrivait avec son enfant sur les genoux. Elle a écrit Aurora Leigh comme ça, et c'est un des plus beaux poèmes de la langue anglaise.
    Quand on doit écrire, on écrit. Quand on doit peindre, on peint.

    Nancy HUSTON
    Interviewée par Romain Guillou et Sophie Le Mô dans L'oeil électrique n°19 du 15 juin au 28 août 2001

    Pour le plaisir, une anecdote rapportée par Lieve JORIS :
    En chemin, quelqu'un me confie qu'il est en train d'écrire un livre. Pas un livre, comme ça, non, c'est une œuvre en quatre volets qu'il a en tête. Il a déjà le titre : Le Quatuor de Damas. Je connais le Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durrell ? Ça sera quelque chose dans le genre. Il s'avère qu'il n'a jamais écrit un mot. Quand je sonde avec prudence pour savoir si son projet n'est pas trop ambitiex, ou si une charpente plus modeste n'aurait pas plus de chance d'aboutir, il me regarde, visiblement contrarié :
    - Pourquoi devrais-je me contenter de quelque chose de petit quand je peux rêver sur quelque chose de grand ?

    Les porte de Damas, traduit du néerlandais par Nadine STABILE, Actes Sud, 1994


    Annie ERNAUX/Jean GENET

    Pour ouvrir son livre La place, Annie ERNAUX cite Jean GENET :
    Je hasarde une explication : écrire c'est le dernier recours quand on a trahi.

    Plus loin dans son texte, elle y fait écho :
    J'écris peut-être parce qu'on n'avait plus rien à se dire.

    La place, Gallimard, 1983


    Jules SUPERVIELLE
    Attente de la mort

    Une paillotte au Paraguay
    Où j'attendrais dans un hamac
    Celle qui vient bien toute seule.

    Un boeuf gris passerait la tête
    Et ruminerait devant moi,
    J'aurais tout le temps de le voir.

    Un chien entrerait assoiffé,
    Et courant à mon pot à eau
    Il y boirait, boirait, boirait.

    Enfin il me regarderait
    Et de sa langue rouge et claire
    Des gouttes tomberaient à terre.

    Des oiseaux couperaient le jour
    De la porte dans leur vols vifs.
    Et pas un homme pas un homme !

    Je serai moi-même évasif.

    Débarcadères, 1956

    Prolongement possible avec Albert CAMUS, Je vois Don Juan dans une cellule...


    Psaume 103, verset 20

    Faiseur de Sa parole pour entendre la voix de Sa parole.
    Ossé devaro lichmoa bekol devaro.

    Traduction André CHOURAQUI
    In Marc-Alain OUAKNIN, Lire aux éclats, éloge de la caresse, Points essai Seuil, éditions Lieu commun


    Jacques BERQUE

    Augmentez votre poids spécifique

    In Les Arabes, l'Islam et nous, Jacques BERQUE et Jean SUR, éditions Mille et une nuits, 1996
    (Retranscription d'un dialogue diffusé sur Arte, en avril 1995, quelques mois avant sa mort)

    Pour découvrir rapidement Jacques BERQUE : http://www.peripheries.net/g-berq.htm
    C'est encore sur Périphéries !


    Georges MOUSTAKI
    Le temps de vivre

    Nous prendrons le temps de vivre
    D'être libres, mon amour
    Sans projets et sans habitudes
    Nous pourrons rêver notre vie

    Viens, je suis là, je n'attends que toi
    Tout est possible, tout est permis

    Viens, écoute ces mots qui vibrent
    Sur les murs du mois de mai
    Ils nous disent la certitude
    Que tout peut changer un jour

    Viens, je suis là, je n'attends que toi
    Tout est possible, tout est permis

    Nous prendrons le temps de vivre
    D'être libres, mon amour
    Sans projets et sans habitudes
    Nous pourrons rêver notre vie


    Editions Manège

    Yannick MOAL
    On n'est jamais à l'abri...

    On n'est jamais à l'abri du bonheur.

    Pour un filleul, Dubois, 2007


    Créé 13/05/02
    Modifié 22/08/2004, 24/01/05
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