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Un sens à la vie ?

Peut-être.

Pourquoi pas.

Corrida de toros para Felipe el Hermoso, XVe s

  • Edgar BOWERS, Compagnons, nos jours sont courts...
  • Edgar BOWERS, Comrades, our time is short...
  • Reiner KUNZE, Chardon argenté
  • Reiner KUNZE, Silberdistel
  • Bosko TOMASEVIC, Ne pas être
  • Rainer Maria RILKE, Ô arbres de la vie, quand êtes vous d'hiver ?/O Bäume Lebens, o wann winterlich ?

  • Edgar BOWERS
    Compagnons, nos jours sont courts...

    Compagnons, nos jours sont courts, nos étés comptés.
    Nos joies bientôt finies. Tentez, somptueux et sans
    Attendre la houle lointaine sous le grand oeil doré...

    Comrades, our time is short, our summer few.
    Our joys soon over. Try, while you may, the far
    Wave sumptuously beneath the golden eye...

    Pour Louis Pasteur
    Traduit de l'américain par Christophe CARSTEN
    Traduit et publié avec le concours du Centre national du livre
    2001, Cheyne éditeur, 43400 Le Chambon-sur-Lignon


    Reiner KUNZE

    Chardon argenté

    S'en tenir
    à la terre

    Ne pas jeter d'ombres
    sur d'autres

    Être
    dans l'ombre des autres
    une clarté

    Silberdistel

    Sich zurückhalten
    an der erde

    Keinen schatten werfen
    auf andere

    Im schatten
    der anderen
    leuchten

    Traduit de l'allemand par Mireille GANSEL
    2001, Cheyne éditeur, 43400 Le Chambon-sur-Lignon


    Bosko TOMASEVIC
    Ne pas être

    NE PAS ÊTRE le propre spectateur
    de son existence, ne pas être
    l'ombre oblique
    penchée sur le puits où se dessinent
    des ronds tremblants,
    vestiges du caillou jeté,
    cercle
    de la confiance
    en celui qui en bas
    lit et pense.

    Celan études et autres poèmes
    Traduit du serbo-croate par Mireille ROBIN
    Librairie bleue, Espace Argence 10000 Troyes, 1994


    Rainer Maria RILKE
    Ô arbres de la vie, quand êtes vous d'hiver ?
    O Bäume Lebens, o wann winterlich ?

    (extrait)

    Ô arbres de la vie, quand êtes vous d'hiver ?
    Nous ne sommes pas accordés. Ni avertis
    comme les oiseaux migrateurs. Tardifs et dépassés,
    nous nous imposons face aux vents sans crier gare
    pour retomber sur quelque étang indifférent.
    Fleurir et se faner nous sont donnés du même coup.
    Et quelque part encor vont des lions qui ne connaissent
    nulle impuissance tant que dure leur splendeur.

    O Bäume Lebens, o wann winterlich ?
    Wir sind nicht einig. Sind nicht wie die Zug-
    vögel verständigt. Überholt und spät,
    so drängen wir uns plötzlich Winden auf
    und fallen ein auf teilnahmslosen Teich.
    Blühn und verdorrn ist uns zugleich bewuSt.
    Und irgendwo gehn Löwen noch und wissen,
    solang sie herrlich sind, von keiner Ohnmacht.

    La quatrième élégie/Die vierte Elegie
    Élégies de Duino, traduit par François-René DAILLIE, La Différence, 1994


    Créé 29/03/03
    Modifié 11/01/04, 23/01/05
    Noosphère 2, 2005
    noosphere2@chez.com